CARICATURE DE EMMANUEL MACRON

« Ralliez-vous à mon panache…. »


Dans sa symbolique, le coq représente le Soleil. Il annonce la levée du jour qui dissipe les peurs de la nuit. « La France est malade, elle ne va pas bien », déclarait-il en 2014. En 2016, il fondait son mouvement politique En marche et en mai 2017, les Français l’élisaient en pariant sur sa jeunesse, son optimisme et son audace.

Cette caricature étincelle à la fois dans le bleu des yeux, dans le rayonnement du sourire et les couleurs vives du plumage. Emmanuel Macron avait refusé de privilégier une couleur politique. Dans une caricature de presse parue dans le Financial Times en mai 2017, Ferguson dessinait Emmanuel Macron en train de séparer deux coqs agressifs, l’un rouge et l’autre bleu. En effet, c’est en panachant diverses tendances de droite, de gauche, du centre et de la société civile, qu’il avait choisi de constituer son gouvernement. La couleur verte complétait la palette dans la personne de Nicolas Hulot. En ralliant à sa cause de nombreuses personnalités dans divers mouvements, il a fragilisé les partis dominants.

Le sourire quasi-permanent d’Emmanuel Macron exprime son optimisme. La caricature exagère même l’espace entre ses incisives surnommées les dents du bonheur. Né dans un quartier coquet d’Amiens au sein d’une famille bourgeoise de médecins, la vie va lui donner tendresse, intelligence, culture et bien-être. Elève d’une école jésuite en collège et lycée, il vit dans une ambiance studieuse et agréable. Il veut être écrivain, acteur, banquier ou philosophe. Il se passionne aussi pour la scène et c’est dans un atelier de théâtre qu’il rencontrera Brigitte, sa future femme.

La caricature d’un coq amène tout naturellement à l’idée du chef incontesté. Depuis longtemps, Emmanuel Macron rêvait de cette fonction. A la question de Alain Minc, qui lui demandait à sa sortie de l’ENA: « Où vous voyez-vous dans trente ans ? » il répondait déjà : « Je serai président de la République. » De nombreux journalistes se plaignent de relations tendues avec le président: « On sait seulement ce que Macron veut que l’on sache, quand il veut, ni avant ni après. », écrit le journaliste Eric Gonzalez, dans un article publié dans le Courrier International en 2017.

Un autre symbole du coq, communément admis, est son agressivité. Il est vrai qu’Emmanuel Macron peut se montrer incisif. A Marine Le Pen qui l’attaque lors d’un débat télévisé en 2017, il répondait: « La France mérite mieux que vous. » Aucun chef d’état ne lui fait peur, ni Vladimir Poutine ni Angela Merkel ni Donald Trump. Mais son arme imparable reste la séduction. Il sourit, s’intéresse à son interlocuteur et lui répond par les mots justes.

En utilisant ce symbole du coq, on se rappellera que la Gaule en a fait son emblème national. Ce volatile tire en effet son origine de son nom latin gallus et il faut reconnaître à Emmanuel Macron son désir de servir la France. Qu’il s’agisse de mise en scène ou de sentiment sincère, son regard se ferme d’émotion et sa main se pose sur le cœur lorsque résonnent la Marseillaise et le chant de Partisans.

Et c’est dès le point du jour que le chant du coq réveille le village. Un an et demi après son élection, son rythme ne ralentit pas, malgré la fatigue de certains ministres qui ont du mal à suivre. Il a déjà engagé plus d’une trentaines de réformes. »Nous avons immensément à faire » a-t-il déclaré sur TF1 en avril 2018.

A-t-il tiré parti de son expérience au bout de 18 mois de gouvernement? Le caricaturiste Alex, pour le journal La Liberté à Fribourg le dessine juché sur deux gros ouvrages intitulés Grèves et Conflits sociaux. En tenue de baroudeur, il mesure sa taille et conclut : Z’ai grandi! A-t-il vraiment gagné des points ou en a-t-il perdu? La grogne commence à gagner le pays et beaucoup se demandent s’il n’est pas le président des riches. Les cadres sont les seuls à lui accorder sa confiance. Il se défend en argumentant que les premiers de cordée tireront les derniers vers le sommet. Mais des ministres, à tour de rôle, donnent leur démission: ainsi Gérard Collomb, Nicolas Hulot et Laura Fessel.

Ce mardi 16 octobre 2018, un remaniement gouvernemental vient d’être opéré. Le journal Ouest-France, sous la plume de Stéphane Vernay, titre: Retour aux fondamentaux, pour signifier que le panachage des couleurs est maintenu ainsi que le cap des réformes. Le dessinateur Karim propose cette caricature pour le journal Le soir d’Algérie. Deux téléspectateurs scrutent l’écran sous le message: Ca bouge au sommet de l’état. L’un d’eux demande: « Où ça? » et son voisin lui répond: « Là, le petit doigt. »

Lilou Pluenn

caricature de Emmanuel Macron

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