CARICATURE DE JEAN-LUC MELENCHON

Au service du peuple, dans une lutte sans gloire.


Cette caricature représente Jean-Luc Mélenchon en bouledogue puissant. Une chose est certaine : il ne sera pas sélectionné dans un concours de chiens de salon. « Je n’ai pas hérité d’un château où me loger, ni d’un parti politique créé par mon père » écrit-il dans son blog. Il est né le 19 août 1951 à Tanger au Maroc, d’un père receveur des PTT et d’une mère institutrice. Après le divorce de ses parents, il suit sa mère en Normandie en 1962. Il y fait froid et on le traite de « Bico ». Pendant ses études, il est correcteur dans une imprimerie. Il travaille aussi dans une station service. Après sa licence de philosophie, il sera professeur de Français puis journaliste. Si l’on observe la stature de ce molosse dans cette caricature, on remarque qu’il prend appui fermement sur le sol, il veut militer au plus près du peuple.»Dans son discours du 19 mars 2014, il prend la défense des « pauvres, des humiliés et des déprimés.

Le poitrail est large, il se redresse de toute sa hauteur pour se mesurer à l’adversaire. Jean-Luc Mélenchon est un personnage convaincu dans son rôle de militant. Il fait ses premiers pas en 1968 dans l’Organisation Communiste Internationaliste. En 1976, il adhère au PS. En 2008, il quitte le PS et crée le Parti de Gauche. L’animal caricaturé est fier et croit en sa mission. La touffe de poils qui se dresse sur la tête accentue encore son allure rebelle. Sa voix est tonitruante, le verbe incisif, le caractère s’emporte. On fait souvent de lui la caricature d’un tribun , au service de la plèbe romaine, la classe qui s’opposait aux dirigeants.

Des crocs, c’est vrai qu’il en montre deux bien acérés. Jean-Luc Mélenchon veut se battre pour ses idées. Une manifestation mémorable a lieu place de la Bastille en mars 2012 : « Nous voici de retour, le peuple de la Révolution. » « Nous sommes le cri du peuple… » clame-t-il alors.

En 2016, il propose un mouvement citoyen: « la France Insoumise » qui vise l’élection présidentielle de 2017. Au premier tour, il obtient 19,58 % des voix et se place en quatrième position derrière Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon. Pour le second tour, il ne donne pas de consigne de vote, ce qui lui sera beaucoup reproché. Ainsi, la dessinatrice caricaturiste Bénédicte, dans le Courrier International de mai 2017, croque un électeur se rendant péniblement au bureau de vote pour le second tour de la présidentielle. C’est qu’il traîne derrière lui un énorme boulet du nom de Mélenchon.

Ce jour du 23 septembre 2017, une manifestation organisée à Paris par la France Insoumise vise la politique sociale du gouvernement. Il reste aujourd’hui l’opposant principal et n’a rien perdu de son mordant. Quant au symbole du bouledogue choisi par le caricaturiste, il ne sera peut-être pas compris par les amis de cette race de chiens. En effet, si l’on en croit leur description, le bouledogue est « très doux et très affectueux. Assez paresseux, le calme et la tranquillité lui siéent à merveille.. Il est très social et très tolérant… C’est un chien de famille et ce, peu importe l’âge des résidents de la maison, il aime tout le monde. » (https://www.accrosdeschiens.com)

Cette fois, le personnage caricaturé semble en parfait décalage. Pourtant ce caricaturiste se targue en général de déceler la personnalité de son personnage derrière ses traits physiques. Est-ce donc à tort que le bouledogue serait coupable du « délit de sale gueule ? ». Il est vrai qu’à y regarder de plus près, les canines ne sont pas bien menaçantes. Il n’a pas la férocité d’un pitbull. Et, pour sa défense, nous pouvons reprendre cet échange de 2010 avec Jean-Pierre Coffe : » »Mettez du gras, de la bonne humeur et de l’indulgence vis-à-vis des autres » ce à quoi Jean-Luc Mélenchon répondit : »Je suis dans une lutte, pas dans une promenade de santé. »

Lilou Pluenn

30 septembre 2017

caricature de J-L. Mélenchon