CARICATURE DE EMMANUEL MACRON

« Ralliez-vous à mon panache…. »


Dans sa symbolique, le coq représente le Soleil. Il annonce la levée du jour qui dissipe les peurs de la nuit. « La France est malade, elle ne va pas bien » déclarait-il en septembre 2014 au micro d’Europe 1. En août 2016, il fondait son mouvement politique « En marche ». Et voici qu’en ce jour du 7 mai 2017, le nouveau Président sort de la pénombre et s’avance dans la lumière de l’esplanade du Louvre en rythmant ses pas sur L’Ode à la Joie. Le personnage avance la tête haute, la démarche assurée et l’allure fière. Les Français qui l’ont élu ont retenu sa jeunesse, son optimisme et son audace. Michael Stürmer, dans un article du 31 mai 2017 de Die Welt, emploie le mot « panache » pour résumer : « l’audace de la pensée, l’élégance de la présence et le sérieux de la volonté ».

Cette caricature étincelle dans le bleu des yeux, le rayonnement du sourire et les couleurs vives du plumage. Emmanuel Macron a refusé de privilégier une couleur. Dans une caricature de presse parue dans le Financial Times en mai 2017, Ferguson dessine Emmanuel Macron en train de séparer deux coqs agressifs, l’un rouge et l’autre bleu. En effet, c’est en panachant diverses tendances de droite, de gauche, du centre et de la société civile, qu’il a choisi de constituer son gouvernement. La couleur verte complète la palette dans la personne de Nicolas Hulot.

Le sourire quasi-permanent d’Emmanuel Macron exprime son optimisme. La caricature exagère même l’espace entre ses incisives surnommées « les dents du bonheur ». Né dans un quartier coquet d’Amiens au sein d’une famille bourgeoise de médecins, la vie va lui donner tendresse, intelligence, culture et bien-être. Sa grand-mère Manette, chez qui il loge souvent, le chérit, lui donne le goût de la lecture, lui raconte l’histoire et la géographie et lui fait jouer Molière. Toute la famille rêve pour lui d’une voie d’excellence. Elève d’une école jésuite en collège et lycée, il vit dans une ambiance studieuse et agréable. Il veut être écrivain, acteur, banquier, philosophe…Il se passionne aussi pour la scène et fréquentera les cours Florent. C’est d’ailleurs dans un atelier de théâtre qu’il rencontrera Brigitte, sa future femme.

La caricature d’un coq amène tout naturellement à l’idée du chef incontesté. Depuis longtemps, Emmanuel Macron rêvait de cette fonction. A la question de Alain Minc, qui lui demandait à sa sortie de l’ENA « Où vous voyez-vous dans trente ans ? » il répondait déjà « Je serai président de la République ». Certains pensaient que le pouvoir d’Emmanuel Macron, appuyé par une trop large majorité en sa faveur à l’assemblée, pourrait nuire à la démocratie. Et c’est dans ce sens que la revue « Valeurs » du 15 juin 2017 le caricature en empereur sur la page de couverture sous le titre »Macron 1er » Mais les résultats des élections législatives, qui lui accordent 362 sièges, laissent une marge de manœuvre à l’opposition,à charge de contrebalancer son pouvoir. Par contre, dans un domaine plus personnel, de nombreux journalistes se plaignent de relations tendues avec le président, tant le dialogue auquel ils étaient habitués avec François Hollande a fait place à un contact froid et distant. « On sait seulement ce que Macron veut que l’on sache, quand il veut, ni avant ni après » écrit le journaliste Eric Gonzalez, dans un article publié dans le Courrier International de juin 2017.

Un autre symbole du coq, communément admis, est son agressivité. Il est vrai qu’ Emmanuel Macron peut se montrer incisif. A Marine Le Pen qui l’attaque lors d’un débat télévisé, il répond : « La France mérite mieux que vous. » Aucun chef d’état ne lui fait peur, ni Vladimir Poutine ni Angela Merkel ni Donald Trump. Mais son arme imparable reste la séduction. Il sourit, s’intéresse à son interlocuteur et lui répond par les mots justes. En ralliant à sa cause de nombreuses personnalités dans divers mouvements, il a fragilisé les partis dominants. Selon cette même stratégie, il a choisi Edouard Philippe comme premier ministre. Certes ce dernier était un ami personnel… mais il reste qu’il était aussi un partisan de Alain Juppé. N’est-il pas dans son intention de diviser, tout en douceur, pour mieux régner ? Certains parlent de « débauchage politique ». C’est en tout cas en fractionnant le pouvoir des partis qu’il a éliminé les deux plus grands. Le caricaturiste Stephff, dans El Mundo du 16 mai 2017, dessine le président Emmanuel Macron qui s’envole, entraînant la France par la main, et laissant derrière lui les Républicains symbolisés par un âne, le Parti Socialiste en bœuf et le Front National en chien. Tous trois sont à terre et impuissants. Et la France toute rose sourit de bonheur à son sauveur, propulsé par une cape magique aux couleurs de la France.

Et c’est dès le point du jour que le chant du coq réveille le village. Il ne s’agit pas de remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui. Emmanuel Macron a l’intention de ne pas faire traîner les choses. La tâche est immense : le chômage, la moralisation de la vie politique, les impôts, les retraites, l’éducation… » Ce sera un travail lent, exigeant, mais indispensable » a-t-il promis. La page de couverture du Courrier International du 11 au 17 mai 2017 titre :  «L’homme pressé » en parlant du président. La caricature dessinée par Cristo Salgado montre Emmanuel Macron enfourchant un grand bi dont les rayons de la grande roue parcourent le monde entier et ceux de la roue arrière les aiguilles d’une montre. Et dès cet été, en France, il va engager la réforme du Code du Travail, qui selon lui, permettrait de faire baisser le chômage. Il est vrai que une heure de travail le matin en vaut deux le soir. Ce n’est pas à un étudiant ayant fait Khâgne, l’ENA, Sciences-Po, l’Inspection des Finances que l’on va enseigner une pédagogie du travail. C’est au début de ce quinquennat, alors que l’euphorie suit cette élection, qu’il convient de faire avaler les réformes les plus difficiles. Le temps pourrait se gâter, annoncent les plus pessimistes. François D’Orcival, à la une de la revue « Valeurs » du 1 juin 2017 titre « Après l’euphorie, on attend les impôts. »

Et si l’on veut conclure enfin, en utilisant ce symbole du coq, on se rappellera que la Gaule en a fait son emblème national. Ce volatile tire en effet son origine de son nom latin « gallus ». Et il faut reconnaître à Emmanuel Macron son désir de servir la France. Qu’il s’agisse de mise en scène ou de sentiment sincère, son regard se ferme d’émotion et sa main se pose sur le cœur lorsque résonnent la Marseillaise et le chant de Partisans. « Aimons la France, à compter de ce soir et pour les cinq années qui viennent… je vais la servir en votre nom » a-t-il promis lors de son premier discours de chef d’état.

Lilou Pluenn

caricature de Emmanuel Macron

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